star discrète du film mais complètement évincée des critiques...c'est un peu l'androgynie de Nuit Debout qui se casse la gueule, car objet d'identité non identifiée qui empêche de sortir de l'anecdotique cher à Depardieu. "J'aime la citronnade ; je n'ai pas besoin que la citronnade m'aime" – Henry de Montherlant. Puisqu’il a cultivé son âme, déjà riche, plus qu’aucun ! Mais est-ce une fille ou un garçon? Et si Cannes 2016 consacrait Ma Loute film à la fois burlesque et bien de notre temps malgré la trame qui se situe au début du siècle passée? Elles se sont bien fait “dumonter”, pour leur plus grand bien. Et avec Billie (Raph comme nom réel...) qui crève l'écran par son intensité du regard et. sensuelle ? Dès qu’il la sait, il doit la cultiver ; cela semble simple : en tout cerveau s’accomplit un développement naturel ; tant d’égoïstes se proclament auteurs ; il en est bien d’autres qui s’attribuent leur progrès intellectuel ! Disparus mais finalement retrouvés, l'inspecteur est chaleureusement félicité et remercié...alors que les assassins courent toujours en liberté... Mais Billie est-elle femme ou homme ou, politiquement sexué, est-elle de gauche ou de droite? Déjouant aussi les attentes, Bruni Tedeschi est la plus sobre, la moins extravertie, elle fait rire ou émeut d’un mouvement de tête ou de regard, et cette performance en retenue est très forte aussi. L'inspecteur Machin a un petit côté Manuel Valls et Nicolas Sarkozy en exagérément grotesque et ridicule. Et Billie qui ne trouvera jamais la sienne sauf en devenant poète... Valls comme Sarkozy peuvent continuer à jouer tranquillement les inspecteurs Machin. Dans ce monde où ça s’observe en chiens de faïence, où ça ne se mélange pas (si ce n’est par le biais de l’exploitation ou de la digestion), où ça dégénère littéralement à force d’entre-soi (qu’il soit grand bourgeois ou prolétaire), la pré-queer Billie est bien sûr une figure de l’ouverture, de la circulation sociale, de la transgression genrée et sexuelle, celui/celle qui remplace la lutte des classes par le grand brassage des individus et des identités multiples, celui/celle qui s’arrache à la prison de l’origine et à l’essentialisme. Etre l'égal de l'autre, être à l'horizontal de son prochain... Quand le front de l'enfant, plein de rouges tourmentes,Implore l'essaim blanc des rêves indistincts,Il vient près de son lit deux grandes sœurs charmantesAvec de frêles doigts aux ongles argentins.Elles assoient l'enfant devant une croiséeGrande ouverte où l'air bleu baigne un fouillis de fleurs,Et dans ses lourds cheveux où tombe la roséePromènent leurs doigts fins, terribles et charmeurs.Il écoute chanter leurs haleines craintivesQui fleurent de longs miels végétaux et rosés,Et qu'interrompt parfois un sifflement, salivesReprises sur la lèvre ou désirs de baisers.Il entend leurs cils noirs battant sous les silencesParfumés ; et leurs doigts électriques et douxFont crépiter parmi ses grises indolencesSous leurs ongles royaux la mort des petits poux.Voilà que monte en lui le vin de la Paresse,Soupir d'harmonica qui pourrait délirer ;L'enfant se sent, selon la lenteur des caresses,Sourdre et mourir sans cesse un désir de pleurer. Le neuf, c’est le film d’époque (et même Belle époque, l’an 1910 pour être précis), ses chapeaux melon, ses costumes cintrés, ses bourgeois et ses prolétaires un peu cintrés aussi, son capitalisme familial fin de race, ses gueux limite sauvages. Tout le monde en prendra plein la gueule : Binoche, Ma Loute, Billie, le spectateur trop sentimental. Un Roméo et Juliette déroutant. Pourquoi les déclarations anti-féministes de Maïwenn contred... [Trailer] Meryl Streep est à l'affiche du dernier Soderbergh, Quand David Fincher livre sa vision sans filtre du cinéma, Le Prix littéraire des Inrockuptibles en vidéo. Toujours fidèle à lui-même et toujours là où on ne l’attend pas, l’auteur de P’tit Quinquin revient avec un drôle de film en costume sur fond de lutte des classes dans les plaines du Nord. avec Ma loute Brufort (Brandon Lavieville), pécheur de moules sauvages. Les marins sont pittoresques mais ils ne doivent jamais sortir du cadre qui leur est assigné par le pouvoir bourgeois certain de son bon usage de la force et de ses lois. Ma Loute, le marin prolo, tombe amoureux de Billie. A voir: La performance numérique sur Zoom d’Arthur Nauzyciel, Juliette Binoche, Valeria Bruni Tedeschi et Fabrice Luchini © R. Arpajou, Testez-nous à partir Ma Loute et Billie, issues des deux familles, tombent amoureux. Ce qui est sûr, c’est que Raph/Billie est très beau/belle avec son minois à la Laetitia Casta. Billie maintient cette ambiguïté qui interpelle Ma Loute. Ici, la Beauté est représentée par Billie, l’une des filles des Van Peteghem. Billie est aussi androgyne que son nom, et cette indécision de genre se prolonge hors écran puisque l’acteur/actrice se présente sous le diminutif de Raph. Dans Ma loute, le même, c’est le Nord, ses trognes et ses accents, ses paysages magnifiques et magnifiquement filmés, voisinant avec la grande peinture sans pour autant se figer dans le picturalisme (on pense parfois à Courbet, celui d’Un enterrement à Ornans, ou à Daumier). Transmettre à la rédaction des documents d'intérêts publics Il arrive à l’inconnu, et quand, affolé, il finirait par perdre l’intelligence de ses visions, il les a vues ! A notre droite, les Van Peteghem, grands bourgeois lillois venus en villégiature dans leur manoir sur la colline dominant la baie. Ma loute surprend un peu moins que La Vie de Jésus ... parfois “il” a le carré punk, un coup garçon manqué, un coup fausse fille. Le cinéma d'Impétueux is proudly powered by WordPress Entries (RSS) and Comments (RSS). Le film de Bruno Dumont n’est ni onirique, ni surréaliste. Enfin, “fille”, on ne sait pas. En poursuivant votre navigation sur Mediapart, vous acceptez l’utilisation de cookies contribuant à la réalisation de statistiques et la proposition de contenus et services ciblés sur d'autres sites. Ces deux classes sociales sont incarnées par deux familles d’acteurs tout aussi opposées : les stars Binoche, Luchini, Bruni Tedeschi représentent la haute, alors que les ramasseurs de moules et les policiers laurel-et-hardyesques ont été pêchés par Dumont dans son vivier habituel du Pas-de-Calais. On se croirait presque à République ces jours où ce qui ne reçoit pas l'onction de l'extrême gauche est coupable de traîtrise sociale pour certains... Être franc de collier dans son identité politique...comme dans son identité sexuelle. Il y a donc lutte des classes latente mais, toujours impavide, Dumont ne choisit pas et passe tous ses protagonistes au tamis d’un burlesque qui côtoie sommets et profondeurs du grotesque : bourgeois d’une arrogance et d’une bêtise frisant la consanguinité, sous-prolétaires carnassiers, flics incompétents, ils sont tous aussi hilarants que monstrueux, évoquant aussi bien les premiers gags ciné des origines à la Mack Sennett que les effets sonores et poétiques d’un Tati en passant par la roborative cruauté de trait d’un Mocky. Parfois, on ne rit plus du tout. A chacun sa place. Et sauvage pécheur de moules, dont la famille abrutie et sous-prolétarienne a la délicieuse particularité d’être principalement cannibale et donc, lorsque le garde-manger est vide, d’estourbir les estivants qui ont le malheur de s’aventurer dans les dunes de la côte d’Opale. Dumont oppose ici deux mondes se côtoyant sans se mélanger, deux familles. Tout est dans le regard accordé à l'autre, soit sa déshumanisation par un système génocidaire et fasciste, soit par sa réappropriation de son humanité par notre accueil généreux après avoir traversé les enfers du crime et échoué sur nos plages. Ma Loute croit bien que c'est une fille après avoir cru que c'était un garçon mais finalement se ravise et ne croit plus que c'est une fille parce qu'il y a comme une bosse apparente sous le pantalon... A la fin du film, personne ne sait encore le sexe réel de Billie mais tout le monde apprend intuitivement que sans Billie, les deux mondes ne pourront jamais coexister et vivre ensemble sans crime et donc sans inspecteur. Comment “Les Inrockuptibles” ont préparé leur prix littérair... Sigur Rós dévoile le clip du céleste “Stendur æva”. Et les stars ? Lisez Mediapart en illimité sur ordinateur, mobile et tablette. A notre gauche, les Brufort, pêcheurs et passeurs de barque miséreux, vivant dans un taudis du bord de mer, les pieds littéralement dans la vase. curieuse ? Une famille aristo-bourgeoise de Tourcoing, dans le nord de la France (aller savoir pourquoi cette ville rentre en résonance à un certain vécu internautique très étrange que je vis depuis quelques semaines avec une créature humaine qui se prétend commerçante en cette ville,ndlr), passe ces vacances au bord de la mer et côtoie une famille de pêcheurs aux moeurs cannibales avides de chairs étrangères à son milieu social... Tout semble tellement exagéré, la décadence de la famille aristo comme le cannibalisme de la famille de pêcheurs. Du sens et de l’émotion, il y en a malgré tout, grâce au lien amoureux entre Ma loute, grand échalas, et Billie, très jolie fille androgyne qui s’habille comme un garçon. Ma Loute, fils de L’Éternel Brufort, chef d’une famille de pêcheurs, en tombe amoureux, lui qui pratique la chasse aux riches avec son père pour en nourrir le soir toute sa petite famille. Toutes les formes d’amour, de souffrance, de folie ; il cherche lui-même, il épuise en lui tous les poisons, pour n’en garder que les quintessences. Et Billie qui ne trouvera jamais la sienne sauf en devenant poète... Quand le front de l'enfant, plein de rouges tourmentes, ARTHUR RIMBAUD - LETTRE DU VOYANT (EXTRAIT), Tu veux du rap, de l'art, en voilà, Nick Conrad, Nick ConCrade (Conrad) tu fais de la M* et rien d'autre, Florian Grengbo : « La vie au Pôle France a toujours été confinée », Bacurau (2019, Kleber Mendonça Filho) - Futur antérieur, Tennis: la fédération mondiale clôt l’affaire du faux diplôme de Bernard Giudicelli, Violences sexistes: à l’université, pas de sanction mais beaucoup de confusion, Marlène Schiappa: une mue idéologique au service d’elle-même. C’est là une des forces de Dumont : continuer à être lui-même, à faire un cinéma immédiatement identifiable et qui ne ressemble à rien de ce que produisent ses contemporains, tout en se renouvelant et en étonnant à chaque nouveau film. Match nul entre les nantis bêtes et les gueux bestiaux. On a évoqué à son propos le Fellini de 8 1/2 ou le Bunuel de La voie lactée ; voire ! Ni de gauche ni de droite mais transgenre... Les marins sont machos et cannibales. Mais est-ce une fille ou un garçon? You can leave a response, or trackback from your own site. "La première étude de l’homme qui veut être poète est sa propre connaissance, entière ; il cherche son âme, il l’inspecte, il la tente, l’apprend. You can follow any responses to this entry through the RSS 2.0 feed. Comme son film, Billie échappe aux étiquettes, puisque l’on ne sait jamais s’il est une fille ou si elle est un garçon, changeant de tenue ou de coupe de cheveux à chaque plan. — Mais il s’agit de faire l’âme monstrueuse : à l’instar des comprachicos (voleurs d'enfants qui mutilent leurs victimes, ndlr), quoi ! sur ordinateur, mobile et tablette pour 1€ seulement, Transmettre à la rédaction des documents d'intérêts publics, Des coups de batte qu'il méritait... Ici, ce sont des coups de rame qui tombent sauvagement sur les bourgeois. Sélection officielle, en compétition au Festival de Cannes, Next Public : L’Attente Les fronts ne doivent pas bouger... Des coups de batte qu'il méritait... Ici, ce sont des coups de rame qui tombent sauvagement sur les bourgeois. Et ces disparitions inexpliquées suscitent l’enquête policière de deux zigomars qui ressemblent à Dupont et Dupond de Tintin (pour l’affublement) et à Laurel  et Hardy (pour la complexion physique). Next Premium : The Finest Hours. Mais ça aussi, c’est une façon de provoquer la sidération. Bruno Dumont continue son chemin, unique, singulier, dans le cinéma français. D'ailleurs, phase finale savoureuse, la petite bourgeoisie verra son commissaire Machin s'envoler comme gonflé à l'hélium...ou par les vertus miraculeuses de la Vierge Marie...ou victime...d'un courant d'air... présidentiel et elle ira courir, cette bourgeoisie aristocratique, derrière lui pour le ramener sur le sable quitte à lui tirer dessus de plusieurs coups de revolver afin qu'il se dégonfle et reste maître de la prochaine enquête d'un état d'urgence où les cannibales se sont mis sur la route de l'état policier et fouineur pour le dévorer... Tout ça, ça m'énerve... Billie, tu me fais penser à Arthur Rimbaub mais personne ne l'a vu sur la plage... La fille aux semelles de vent qui donne envie de se coucher avec elle pour un acte poétique hors du temps... Arthur Rimbaud avait attrapé des poux en se déclassant socialement pour devenir le vagabond. Binoche se lâche dans le registre baronne perchée, elle y va tellement à fond qu’elle en devient géniale, à l’opposé extrême de sa première visite chez Dumont en Camille Claudel. Ambleteuse, plage du Pas-de-Calais, 1910. Les marins sont pittoresques mais ils ne doivent jamais sortir du cadre qui leur est assigné par le pouvoir bourgeois certain de son bon usage de la force et de ses lois. Avertissement: que celles et ceux qui n'aiment pas que l'on dévoile les scènes d'un film avant de l'avoir vu ne lisent pas cet article avant d'avoir vu Ma Loute. Je dis qu’il faut être voyant, se faire voyant. Le Poète se fait voyant par un long, immense et raisonné dérèglement de tous les sens. Qu’il crève dans son bondissement par les choses inouïes et innombrables : viendront d’autres horribles travailleurs ; ils commenceront par les horizons où l’autre s’est affaissé ! Nul hiatus de jeu entre les professionnels et les amateurs, tous unifiés par la vision décidément très puissante de Bruno Dumont, mix unique de dépouillement réaliste et de stylisation outrée, de déjà-vu reconfiguré et de jamais-vu. Ma loute de Bruno Dumont (Fr., 2016, 2 h 02). Billie Van Peteghem , fille (à moins que ce ne soit un garçon) de famille bourgeoise dégénérée ... avec Ma loute Brufort (Brandon Lavieville ), pécheur de moules sauvages. Parfois “elle” a les cheveux longs, parfois “il” a le carré punk, un coup garçon manqué, un coup fausse fille. Elle/il ne donne jamais la réponse. Considérée comme monstrueuse par sa propre mère qui voit en elle/lui un être dégénéré alors que Billie est sans doute le personnage le moins dégénéré de sa famille, puis rejetée violemment par ma Loute, son amoureux qui soudain croit que sa chérie est un mec qui s'est foutu de sa gueule, Billie est le personnage qui pourrait concilier les deux camps, faire cesser la sauvagerie cannibale du clan de Ma Loute et ramener l'aristocratie bourgeoise à une certaine lucidité contemporaine. Le Club est l'espace de libre expression des abonnés de Mediapart. Ma loute surprend un peu moins que La Vie de Jésus (son premier film) ou que P’tit Quinquin (sa première série et sa première comédie – quoique les deux flics de L’Humanité annonçaient déjà les burlesques doublettes gendarmesques de P’tit Quinquin et Ma loute) mais il surprend quand même.

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